Volvo Ocean Race / Groupama mène la flotte dans les petits airs

Emmenée par les Français de Groupama, la flotte rentre aujourd'hui dans l'océan Indien. Mais entre vents faibles, dépression décalée et courants à venir, la situation météo n'est pas simple.


La dépression attendue est plus à l'est que prévue, les courants de l'Agulhas menacent les six Volvo Open 70 tandis qu'une autre dépression arrive par le sud. « La situation est plus compliquée que jamais pour les navigateurs, » assure Gonzalo Infante, météorologiste pour la Volvo Ocean Race. « Même si les concurrents veulent descendre au sud, ils ne pourront peut-être pas le faire à cause des vents faibles qu'ils ont en ce moment. »

Partis hier après-midi du Cap, ils ont tous ralenti au large du cap de Bonne Espérance. La nuit, avec très peu de vent, a été longue. Aujourd'hui, un vent thermique de sud-ouest est rentré, montant à 12 noeuds, mais rien de valable sur le long terme. « Ils sont entre deux dépressions, là où il y a toujours très peu de brise, » ajoute Infante. « Il va falloir attendre 24 heures avant de toucher du vrai vent. »

Dans ces conditions, l'avance de Groupama sailing team sur CAMPER with Emirates Team New Zealand - 0,6 mille à 13h00 UTC - est aussi jolie que précaire, et les vraies décisions restent à prendre.

Troisièmes à moins de cinq milles de distance, les Américains de PUMA Ocean Racing, suivis de Team Sanya, à neuf milles de Groupama. Abu Dhabi, bien parti hier, s'est retrouvé encalminé et pointe à une douzaine de milles. Telefónica, contraint de mouiller l'ancre pendant la nuit, est dernier à une petite vingtaine de milles.

Credit : Andrés Soriano/Team Sanya/Volvo

« Être devant veut absolument rien dire, » s'exclame pourtant le navigateur Jean-Luc Nélias, joint par téléphone depuis Groupama 4. « On était déjà en tête avant le cap de Bonne Espérance, devant CAMPER. On maintient, avec CAMPER qui revient parfois. PUMA a réussi à revenir cette nuit. Ça bouge pas mal. Et puis les conditions vont tellement être variables la nuit prochaine, et même jusqu'à ce qu'on attrape les alizés dans une dizaine de jours ... Ça va être le bazar et je pense que le leadership va changer plusieurs fois. »

Le navigateur français nous décrit la suite. « On a une espèce de brise thermique aujourd’hui et cette nuit, comme la nuit dernière, on aura un vent très faible et dans tous les sens. On ne va pas beaucoup progresser. On va essayer de se protéger à la côte du courant des Aiguilles qui va être très fort en arrivant vers Port Elizabeth. Mercredi, on attend du vent avec une dépression qui arrive dans notre sud. Ça va être compliqué à gérer avec le courant des Aiguilles, ça donnera une mer très forte et il faudra y faire attention. Cette dépression, on n’arrivera pas à surfer devant, on va surfouiller derrière ! Ça va nous amener dans l’est jusqu’à l’anticyclone des Kerguelen. On va s’en débrouiller pour remonter sur l’alizé. On avait l’espoir d’être devant la dépression, avec une mer plate et un vent de nord, et on va se retrouver derrière la dépression, avec une mer dégelasse, des grains et un vent froid de sud !! Voilà, c’est le changement qu’il y a entre les routages d’hier et aujourd’hui. »

Même écho à bord de CAMPER. Le skipper Chris Nicholson : « Dans ces petits airs, le danger est d'être coincé dans une bulle tandis que les autres bateaux partent dans du vent. Heureusement, ça ne nous ait pas arrivé cette fois-ci. Je crois que si on répondait honnêtement, on préférerait tous faire cap au sud. Mais nous n'avons pas encore pris notre décision. »

Positions à 13h00 UTC :
1. Groupama sailing team (Franck Cammas)
2. CAMPER with Emirates Team New Zealand (Chris Nicholson), + 0,60 mille
3. PUMA Ocean Racing powered by BERG (Ken Read), + 4,30 milles
4. Team Sanya (Mike Sanderson), + 9,00 milles
5. Abu Dhabi Ocean Racing (Ian Walker), + 12,80 milles
6. Team Telefónica (Iker Martínez), + 19,80 milles

Source : Volvo Ocean Race